Thukpa (commentaires)

La Fête du Wesak a lieu chaque année le jour où le Bouddha à la pleine lune du Taureau apporte la bénédiction divine de Shamballa au Christ, qui le relie à l’humanité via la hiérarchie. Une vieille tradition relate que le Bouddha a pris la décision, grâce à une expérience extraordinaire, de quitter une fois par an son haut lieu d’opération pour revenir sur la Terre et la bénir.

Bouddha est évoqué au travers de l’hymne tibétain Gyallu et Jésus au travers de micro-citations des Vingt regards sur l’Enfant-Jésus d’Olivier Messian.

J’ai choisi d’intituler la pièce Thukpa qui veut dire « rencontrer » en tibétain, préférant ainsi le verbe au substantif. Il y a là une double volonté. Premièrement « rencontrer » a une dimension intemporelle alors que « rencontre » est localisé dans le temps. Deuxièmement le verbe, c’est le verbe de Dieu.

« Thukpa » avec ses deux syllabes joyeuses m’a semblé naturel pour le nom de cette pièce consacrée à Jésus et Bouddha. J’ai ensuite découvert que « Thukpa » est le nom d’une célèbre soupe tibétaine ! J’ai décidé de garder le nom dont j’aime la vibration en espérant que ma petite pièce soit une soupe réussie et digeste !

La mise en perspective de Gyallu et des Regards se traduisait par un véritable défi : l’hymne tibétain est purement mélodique et dure environ trois minutes. Des ryhmes très simples sont utilisés et la tessiture est réduite afin de pouvoir être chanté.

Les Vingt regards durent deux heures, traversent toute l’étendue du piano, les rythmes sont très complexes et très variés et l’harmonie est prodigieusement riche.

Thukpa suit l’hymne tibétain du début à la fin et croise sans cesse des micro-citations des Regards. Les mises en correspondance utilisent différents procédés mathématiques qui conduisent l’hymne à se transformer sans cesse à la fois rythmiquement et mélodiquement. Gyallu se transforme, Gyallu se déguise, Gyallu joue à cache-cache. Les regards induisent des ambiances, des résonances et subissent eux-aussi des transformations afin d’éclairer Gyallu sous différents angles.

La pièce est dédiée au pianiste Alexandre Bodak.

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